Du goudron et des plumes

Publié le 23 Juin 2010

Atomisés, les mercenaires tricolores du foot dont le jeu incolore suscite depuis au moins une décennie un ennui inouï rentrent, comme il était prévu depuis longtemps, dès aujourd’hui at home. Emmurés dans leur fatuité, sous la coupe d’un sélectionneur autiste, ils nous ont, au choix, réservé le plus mauvais film de l’année ou la meilleure interprétation du Huis-Clos de Sartre. L’enfer c’est les Bleus, disait en substance Florent Malouda hier : « C’est difficile de vivre isolé. Tu n’as plus la perception juste de ce qui se passe autour de toi ».

Ce huis-clos donne à certains la nausée (Finkelkraut, irrésistible depuis quelques jours : « Ils sont à vomir », etc.) – mais nous ne les suivrons pas dans cette exégèse sartrienne. Nous osons cependant dire que ces garçons décoiffés (ah, la coiffure de ceux qui n’ont pas de cervelle !), dont la chorégraphie n’atteint pas la cheville de celle des garçons de café germanopratins de la grande époque, font preuve d’une mauvaise foi confondante et procèdent à une inversion orwellienne du sens des mots (« assumer », par exemple, veut désormais dire « il est hors de question que j’endosse la moindre responsabilité »). Ils parlent de pardon mais ne sont capables que de Délits flagrants comme sait les filmer le grand Raymond (celui de La vie moderne, pas l’autre).

S’ils avaient été fair-play (à défaut d’avoir le moindre honneur ou de savoir, comme ils disent, « sauver l’honneur »), ils auraient, à 0-2, laissé filer le match contre l’Afrique du Sud permettant à celle-ci de se qualifier pour les huitièmes de finale (un 0-5 qualifiait le pays organisateur). Alors, bien sûr, le Mexique se serait fâché et cela aurait créé de nouvelles complications internationales. Mais la diplomatie du foot ça commence à bien faire…

Plus drôlement, on aurait pu faire jouer les épouses guimauves des mauvais joueurs, ces morveux qui se mouchent dans les tailleurs (ah, ces tailleurs !) de notre Roselyne nationale – je note en passant que, dans ce pays, on se paye un mannequin aussi creux que l’on est soi-même plein de suffisance quand on est pété de thunes et grossier.

Depuis aujourd’hui, enfin, nous savons que le « traitre » dont Patrice Evra, navrant capitaine, avait mis la tête à prix n’est autre que le duo Jean-Luc Hees et Philippe Val : c’est ce duo qui a balancé que dans l’équipe de France (Inter) il y avait un joueur – Didier Porte – qui traitait le boss d’enculé. On peut être sûr qu’avec ces deux-là la France (Inter) va parler droit(e).

 

JLJ

Rédigé par immarcescible

Publié dans #actualité

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F
<br /> ... elle a déjà fondu au soleil. Mais le verre sera bienvenu.<br /> <br /> <br />
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I
<br /> Cet échange – ou dialogue de sourds – n’étant plus susceptible d’intéresser quiconque, je propose de le poursuivre autour d’un verre (ou plus) de Schnaps à ma façon dès que l’un et l’autre nous<br /> serons libérés de certaines servitudes professionnelles que je trouve pour ma part très accaparantes. Peut-être que l’exigence de cohérence absolue dont témoigne ta requête réitérée se<br /> fissurera-t-elle alors…<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Le voilà "véner", l'Immarcès ! Lui qu'on a connu Zidane des mots, d'autres fois Platini de l'image, on le trouve gamin la main dans le sac jouant les plaintifs. Allons, allons, ne confond pas<br /> piqûre de moustique fatigué et morsure venimeuse ! Point n'est besoin d'appeler les secours de la bonne foi, ou le "c'est çui qu'il dit qui l'est". Les lourdeurs de mon propos procèdent du marché<br /> noir, ressortissent de la contrebande des arguments rebattus, et non d'une quelconque résistance (revendiquée par les Guillon-Porte-Morel & Co).<br /> Pour dissiper ce diffrend, et entendre le sifflet signifier la fin du match sans ballon, je reformule ma demande (qui témpoigne certainement du peu d'esprit d'une fin de lignée désargentée de<br /> province) : que vient faire l'irruption de la polémique Hees-Val vs Guillon-Porte dans un billet sur le néant de l'équipe de France de foot ? Pas de quoi fouetter un greffier quasi chauve ! "On est<br /> souvent ensorcelé par un mot", disait un autrichien de tes amis. On peut d'autant plus l'être par beaucoup. Beau coup, non ?<br /> <br /> <br />
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I
<br /> J’allais répondre à Goudronnette – une Allemande qui m’a initié au Schnaps lorsque j’étais lycéen – un truc du style « les dribbles un peu inutiles de Stéphane Guillon m’impressionnent beaucoup<br /> moins que les missiles expédiés des 35 mètres par Didier Porte », et je tombe sur un commentaire à la Zarathoustra qui descend de sa montagne. Assurément, les vrais amis se reconnaissent aux<br /> vacheries sur mesure et parfois hors de mesure qu’ils s’envoient naturellement et mutuellement dans la tronche. Aussi, le coup de « l’écharpe tricotée par mamie », c’est-à-dire par moi-même, ne<br /> restera pas impuni. Je précise donc que je ne suis pas de ces dandys qui portent des foulards en soie mais plutôt de ces bandits qui se défoulent le soir devant un écran d’ordinateur. Je ne suis<br /> pas non plus de ces petits marquis qui, parce qu’ils écoutent France Culture, s’imaginent maquisards dans une France collaborationniste. Je ne suis pas de ceux qui, parce qu’ils n’écoutent que<br /> France Cul, sont bien emmerdés le dimanche matin à l’heure de la messe. Je ne suis pas, enfin, de ceux qui traitent par le mépris une radio populaire tant qu’elle ne sombre pas dans le<br /> populisme.<br /> D’autre part, si les exactions commises par le duo Val-Hees m’indignent (je les trouvais déjà suspects séparément, et ce depuis bien longtemps), je ne suis évidemment pas dupe du petit jeu pas très<br /> malin au fond auquel se livrait plus spécialement Stéphane Guillon (dont, au Demorand, je ne parlais pas dans l’article). Alors le coup du martyr et la tirade qu’il génère me semblent relever du<br /> hors-sujet et reléguer celui qui l’évoque au rang des cancres du fond de la classe.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Il y a des raccourcis qui, par la chaleur que nous subissons, se transforment en face nord des Grandes Jorasses. Perso (pour parler contemporain) je ne me risque même pas dans les sentiers des<br /> contrebandiers ; alors l'escalade... Ces propos absconds cherchent à exprimer ma difficulté extrême à saisir le sens du dernier paragraphe dans l'économie générale de la coupe sur-mesure du smoking<br /> trois pièces destiné à la fine fleur de l'armée du minuscule caporâleur (qu'est-ce donc, de nos jours, qu'une équipe de balle-au-pied-ne-nez, sinon l'armée d'un pays ?) : il me fait l'effet d'une<br /> écharpe tricotée par mamie. Tout ça parce que j'ai besoin d'une explication de texte qui me pêrmettrait de me rendre compte qu'il s'agit en réalité d'un foulard en soie. Alors, Immarces, Guillon et<br /> Porte seraient-ils les De Gaulle et Dac de notre Radio-Londres ? Hees et Val tiendraient-ils de Pétain et Laval ? Ne me fais pas croire que tu écoutes cette radio de daube ! Allez, essuie tes<br /> larmes de croco, et laisse le foutoir sarkozien se déliter tout seul : cette querelle est assez vaine, les quatre protagonistes participent, chacun à sa manière, au nihilisme général.<br /> Et que l'on ne me fasse pas le coup des martyrs de quoi que ce soit : ce sont des rigolos de fond de classe qui on parier qu'ils se feraient convoquer par le proviseur; entre eux, c'était à qui se<br /> ferait lourder le premier. Ex-aequo !<br /> "L'idée que des martyrs prouvent quelque chose quant à la vérité d'une cause est si peu vraie que je voudrais nier qu'un martyr ait jamais eu quoi que ce soit à voir avec la vérité. L'accent avec<br /> lequel un martyr jette sa certitude-de-vérité à la tête du monde exprime déjà un si bas degré de probité intellectuelle, une telle insensibilité crasse à la question de la "vérité" qu'on n'a jamais<br /> besoin de réfuter un martyr." Bon, d'accord, c'est un peu tranchant (c'est un grad style que tu prises), mais c'est pas si mal que ça pour la situation dont on cause (depuis déjà trop longtemps à<br /> mon idée).<br /> Quant au commentaire de "plumette", ça sent la private joke. (je ne sais même pas pourquoi je m'y arrête, puisque c'est "private").<br /> Après relecture, c'est assez décousu. Bien fait pour toi.<br /> <br /> <br />
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