Mémoire d'un fou d'Emma, Alain Ferry, 2009, Editions du Seuil
Publié le 12 Juillet 2011
Alain Ferry, féru de littérature, fier et fort de ses références, vit dans une forteresse livresque dont, comme la conscience nietzschéenne, il a jeté la clef depuis longtemps. Le forcené se jette à corps perdu dans Flaubert, aime Emma, mutualise son amour de substitution. Eva, l’épouse, s’est carapatée car appâtée par un marin mirifique. Le mari, marri, n’a pas le pied marin mais la plume à rime.
Manants, pour qui les noms de Félix de Vandenesse et de Henriette de Mortsauf, de Julie d’Etanges et de Saint-Preux, de Frédéric Moreau et de Marie Arnoux, mais aussi de Gene Tierney, etc. ne sont que des sonorités vides ou lointainement scolaires, ou encore bizarrement cinéphiliques, passez votre chemin !
Mais non ! Même si vous n’avez pas lu Manon (Lescault), même si de Manon vous ne connaissez que la chanson de Gainsbourg, lisez au moins cette chronique…
Alain Ferry a des seins d’Emma une conception océanique (au sens que Romain Rolland donne à ce mot). Les vagues du désir déferlent sur les plages de ces deux îles paradisiaques…
C’est sûr, Emma déconne, Léon narre des vessies pour des lanternes, Homais scie des lunes scientistes… Flaubert est grand et Ferry est son faux prêtre… Mais, comme dit le « mielleux » d’entre nous, un calembour ça va, c’est quand il y en a plusieurs qu’il y a des problèmes…
JLJ