Ajami, Scandar Copti et Yaron Shani

Publié le 11 Avril 2010

Film israélo-palestinien de Scandar Copti et Yaron Shani, Ajami est un polar dont l’action se situe dans le quartier éponyme de Jaffa. Le cinéma de genre, hollywoodien par essence, tente une incursion dans l’écheveau israélo-palestinien. Les acteurs non-professionnels éclipsent les corps de gloire du cinéma américain. J’indiquerai sommairement quelques-unes des lignes narratives du film.

 

Ajami

 

Un adolescent arabe est abattu par erreur dans la rue de son quartier par un commando de Bédouins chargé de venger l’un des leurs. C'est Omar qui était en réalité la cible du commando. Sa faute ? Son oncle a tiré sur un membre du clan bédouin venu le racketter: ce dernier est désormais paralysé à vie. Omar et sa mère sollicitent la protection d’Abu Elias, l’employeur d’Omar, un Arabe chrétien, restaurateur et personnage influent. Au cours d’une réunion électrique avec les Bédouins, Abu Elias négocie le prix de l’affront subit par ceux-ci : les échanges se déroulent selon des codes mafieux séculaires. Cette séquence est l’une des plus époustouflantes du film.

Dando, un policier juif dont le jeune frère a disparu, est requis par un fait divers : un habitant juif de Jaffa vient d’être retrouvé poignardé dans la rue de son quartier. Il était venu se plaindre auprès de ses voisins arabes : les bêlements des moutons qui stationnaient sous ses fenêtres l’empêchaient de dormir depuis trois semaines.

Malek, un jeune réfugié palestinien lui aussi employé par Abu Elias, cherche la somme qui permettrait à sa mère de subir une greffe de la moelle épinière. Il prête son concours à Omar qui se retrouve dealer un peu malgré lui.

Voici quelques-uns des fils narratifs qui se croisent dans ce film touffu, tendu, qui multiplie les points de vue sur une même action. L’intérêt principal du film est de nous faire sentir la précarité des conditions d’existence des habitants de ce quartier aussi bien que le poids insupportable des traditions, de mettre en évidence l’alibi religieux dont se couvrent les transactions économiques et de rappeler que l’intolérance communautaire est la chose la mieux partagée du monde.

 

JLJ

Rédigé par immarcescible

Publié dans #cinéma

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