Humeur révolutionnaire

Publié le 1 Février 2011

Depuis un peu plus de deux semaines, à l’heure de la prière matinale pour l’un, à celle de la promenade postprandiale pour l’autre, deux figures éminentes et non momifiées de la pensée doivent, sinon se retourner dans leurs tombes, du moins ressentir quelque chatouillement. L’un, Hegel, faisait de la lecture du journal la prière matinale réaliste du philosophe (idéaliste). L’autre, Kant, réglé comme une horloge prussienne, est notamment connu pour n’avoir modifié qu’une seule fois le cours de sa promenade solitaire quotidienne : ce fut pour aller au-devant du courrier qui apportait des nouvelles de la Révolution française.

L’Histoire qui, telle une taupe, refait surface de temps à autre, ne semble toutefois pas modifier le cours du jogging présidentiel. Notre Hosnicolas national, celui qui tient si mal la baraque hexagonale, cet esprit minuscule juché sur un cheval à bascule (de même Hegel se moque – avec plus de déférence sans aucun doute – lorsque, lors de la bataille de Iéna, il écrit avoir « vu (en la personne de Napoléon) passer l’esprit du monde à cheval sous ses fenêtres »), montre bien l’étendue de sa pusillanimité dans le moment même où, je le redis, l’Histoire refait surface (vous verrez que dans quelque temps il nous dira qu’il était place Tahrir au Caire de même qu’il nous a baratiné sur le mur de Berlin : à l’en croire, il aurait contribué à son effondrement).

 

JLJ

Rédigé par immarcescible

Publié dans #actualité

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