Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 01:17

Septembre 2010 (8)

 

 

Septembre 2010 (3)

 

 

RIMG0220

 

 

En 2012, c’est promis,

Immarcescible descend de son nuage,

Et s’adresse enfin aux vrais gens :

Les gens parés ou désemparés,

Affamés ou repus,

Normaux ou déviants,

Sectaires ou terre à terre,

Joyeux d’être tristes ou tristement joyeux.

Bref, les gens si vils soient-ils,

Civilisés c’est mieux,

Quoique trop…

 

JLJ

 

Par immarcescible
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Publié dans : cinéma
Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 18:19

Ça commence comme un western, avec des Peaux-rouges cernés par des gardes suisses et qui communiquent avec le monde extérieur au moyen de signaux de fumée. Ces « Peaux-rouges » sont en réalité des cardinaux réunis en conclave afin d’élire un énième successeur à Saint-Pierre. Ils prient, ces cardinaux, et chacun d’en appeler à la miséricorde divine : « Non ! pas moi, Seigneur ! », ou, pour parler comme Herman Melville dans Bartleby le scribe : « I would prefer not to » (je préférerais ne pas… être élu Pape). Mais c’est pourtant peut-être le plus Bartleby d’entre eux qui est finalement élu. Curieusement, il s’appelle Melville et est interprété par Michel Piccoli (qu’un autre cinéaste Italien avait déjà enfermé dans une citadelle eucharistique ; le film s’appelait La grande bouffe et, ne le dissimulons pas, était moins au goût de l’Eglise). Cette élection (pour ne pas dire électrocution divine) jette aussitôt Melville dans la dépression. Lui qui a gravi toutes les marches du pouvoir au sein de la hiérarchie ecclésiastique, bute sur la dernière (un peu haute, sûrement). Il se dit atteint d’une « sinusite psychique », expression peu usitée pour désigner la dépression nerveuse, mais particulièrement évocatrice.

 

Habemus Papam

 

On fait venir le meilleur psychanalyste de Rome, même si l’Eglise, comme le rappelle l’un des cardinaux, tient la notion d’inconscient pour incompatible avec celle d’âme. Le psychanalyste (interprété par Nanni Moretti lui-même) diagnostique un « syndrome narcissique ». Les cardinaux s’offusquent : cachez ce syndrome que nous ne saurions voir ! Le praticien doit bientôt reconnaître que les conditions ne sont pas réunies pour prendre en consultation le Pape. Et voilà le psychanalyste enfermé à son tour dans la citadelle vaticane, privé de portable, suspendu à la résolution de la crise de nerf papale. Bref, otage des robes rouges cardinalices. Il découvre alors que la dépression guette le Sacré Collège dans son ensemble. Tous ces cardinaux sont de pieux consommateurs d’anxiolytiques et de somnifères. Le psychanalyste leur apprend à classer les drogues : d’un côté les benzodiazépines et de l’autre les barbituriques (on se souvient que dans Journal intime Moretti vidait sa pharmacie personnelle particulièrement encombrée et finissait par jeter tous ses médicaments à la poubelle). Il décide alors d’organiser un tournoi de Volley (une sorte de coupe du monde des cardinaux – vaste thérapie de groupe – dont cependant, à son dépit, la finale lui sera refusée). On connaît l’obsession sportive et compétitrice de Moretti (cf. le water-polo dans Palombella rossa, la plongée sous-marine et le footing dans La chambre du fils). De la thérapie par le sport ou l’étourdissement du corps (cf. les manèges forains dans La chambre du fils)…

 

Habemus Papam

 

Et Melville ? Il s’est fait la malle et fréquente incognito les théâtres romains, touchant du doigt son rêve de toujours : jouer Tchekhov. Il se mêle aussi à la cohorte des fidèles, place Saint-Pierre, ou bien rencontre l’ex-épouse du psychanalyste auprès de laquelle il se dit acteur. Bientôt, le démon du théâtre s’empare de lui corps et âme. Il peut désormais rejoindre la citadelle papale et, franchissant le rideau qui le séparait de la foule des fidèles et des caméras du monde entier, accomplir un véritable coup de théâtre…

 

JLJ

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Publié dans : cinéma
Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 21:24

Bruno Dumont (la vie de Jésus, Hadewijch, etc.) continue d’escalader le ciel en arpentant le bout de terre qui le vit naître. Soit un paysage de dunes dans ce bout du Pas-de-Calais et, au milieu, dans la lumière du jour ou dans celle d’un feu de camp, un errant mystique, un Christ sans religion, un peintre sans pinceau, un orateur muet, un écrivain qui a jeté l’encre…

 

 

Hors Satan

 

L’errant tue ou guérit, indifféremment, ou presque… Une adolescente, aimantée, aime la santé ténébreuse de l’hôte des dunes calaisiennes. Elle lui rend visite chaque jour, le nourrit aussi. Pour toute assiette, l’ascète se contente de pain. De peu.

Bruno Dumont nous administre son sérum nietzschéen et réveille en nous le surhomme qui dormait. Il jette par-dessus bord tout l’appareil de la psychologie, le bien, le mal et la morale. Ne restent que la toile, le bruit du vent et les réminiscences cinématographiques (Dreyer, Bergman) ou philosophiques (Kierkegaard) scandinaves.

Dumont est hanté par la transcendance à sec (sans les saintes huiles). Ça plane pour lui, en témoigne ces plans de rapaces apocalyptiques qui ponctuent le film.

Alors, évidemment, Hors Satan n’est pas un film plan-plan, c’est un film de broussailles dans lesquelles le feu mystique se propage à la moindre étincelle narrative…



Hors Satan

 

Les plans, parlons-en ! Ils sont très composés et souvent admirables. Peu de plans moyens, dans Hors Satan. Mais des plans très larges ou des gros plans. Le plan moyen qui sévit si souvent dans le cinéma français (le médiocrissime Skylab en regorge, par exemple), c’est bien sûr un plan dans lequel se tartine à loisir le cinéma psychologique ou sociologique (des familles).

 

Rantanplan

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Publié dans : cinéma
Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 17:22

Pour certains réalisateurs l’adolescence est, du fait des enjeux qui s’y déploient, le terrain d’élection d’un cinéma expérimental. Au début des sixties Nagisa Oshima filmait la violence et les contradictions de l’adolescence dans ses Contes cruels de la jeunesse.

 

Contes cruels de la jeunesse

 

Une décennie plus tard Jerzy Skolimowski, cinéaste britannique d’origine polonaise, plonge deux adolescents, Mike (John Moulder-Brown), une beauté angélique, et Susan (Jane Asher), une jolie rousse aux petits seins pommelés, dans les eaux d’une piscine anglaise dont les cabines surannées surchauffent les sens de certaines rombières peroxydées.

Mike, 15 ans, est embauché dans un établissement de bains londonien. Inexpérimenté, il se fait manœuvrer par Susan, légèrement plus âgée que lui. Il devient tragiquement amoureux de la jeune femme, elle-même partagée entre son fiancé et un maître-nageur manipulateur.

Deep End est un film dont l’esthétique stylisée fascine, un film dont les couleurs vives sont celles d’un cinéaste coloriste ; mais c’est tout aussi bien un film claustrophobe sur l’adolescence.

 

Deep End

 

L’ambiance de Deep End n’est pas sans évoquer, par certains de ses aspects, celle qui baigne Eloge des femmes mûres, récit d’initiation amoureuse dans lequel Stephen Vizinczey, écrivain britannique d’origine hongroise, évoque, parmi de nombreux épisodes, une idylle non partagée entre András, le narrateur, et Ilona : « C’est par un après-midi d’hiver que je vis Ilona me faire signe du milieu de la piscine, aux Bains Lukács. J’avais pris l’habitude d’y aller nager entre les cours. C’est un lieu assez extraordinaire, un vestige rénové de l’empire ottoman : de superbes bains turcs transformés en piscine municipale, avec des cabines pour bains de vapeur, bains d’eau thermale et massages. (…) Là, en cette année la plus noire de la terreur stalinienne et du puritanisme fanatique, les femmes portaient les bikinis dernier cri de la mode italienne. (…) Dans le Budapest de 1950, c’était un acte de résistance passive. (…) Bien qu’elle approchât des trente ans, Ilona ressemblait à une adolescente. Elle avait une silhouette mince et ferme avec des petits seins rebondis comme des balles de tennis, une peau claire pleine de taches de rousseur, et des cheveux roux ramassés en queue de cheval. (…) Allongée sur le marbre aux teintes fanées, les jambes remontées, elle serrait les genoux et de temps en temps les relâchait. Tandis qu’elle cachait et montrait ses cuisses tour à tour, ses muscles bougeaient sous sa peau comme pendant l’amour. A voir son corps onduler ainsi, l’idée me vînt de la violer. (…) Je songeai à me jeter sur elle et à transpercer le satin noir. Mais, faute de pouvoir la violer, je tombai amoureux d’elle. » (Chap. 8, De la vanité et d'un amour sans espoir, pp. 90-93, Editions du Rocher, 2001)

 

JLJ

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Samedi 23 juillet 2011 6 23 /07 /Juil /2011 17:27

Une dernière rasade new-yorkaise

Pour une Shéhérazade anglaise

 

 

76 madison square park

 

96 times square

 

6 voie rapide

 

Photos et texte : JLJ

 

Par immarcescible
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